MON HISTOIRE

LEÏLA, ma fille que je ne verrai jamais

 

Ma grossesse en 1990

 

Mariée à 20 ans au mois de juillet 1988, dans un village de l’ouest du Cameroun en Afrique centrale, j’apprenais plusieurs mois plus tard, que j’attendais un bébé.

Une joie immense pour moi. J’avais pris soin de mes neveux et nièces. Je devais le faire pour notre enfant.

Le papa et moi étions aux anges. 

Dès le début de ma grossesse, j’avais des nausées le matin, et parfois toute la journée. Je ne supportais pas d’avaler ma salive ni certains aliments sucrés. Je devais manger de la cola, un fruit amère, afin de ralentir l’excès salivaire. Cet état dura jusqu’aux quatre mois.

Un heureux événement se préparait. Mon ventre s’arrondissait peu à peu. Je parlais à mon bébé tout le temps. Je me voyais maman, lui faire prendre son bain, le téter, l’habiller. Les nuits blanches ? Je les attendais avec impatience. Mon bébé était le plus beau cadeau que la vie me donnerait. Je me trouvais jolie.

À six mois de grossesse, je me sentais fatiguée, trop fatiguée et j’avais des contractions, qui se manifestaient par des douleurs et une grosse pression au bas du ventre, il s’endurcissait par endroit.

Cet état inquiétant et désagréable me valut une hospitalisation de quelques jours dans la clinique de mon oncle, gynécologue obstétricien. Je n’avais aucune crainte pour mon bébé. J’étais certaine de l’avoir, du moins c’était ma prière, mon espérance, ma demande au bon Dieu.

Avant ma sortie, il recommanda à mon époux, que je n’attende pas la fin de ma grossesse pour me rendre à sa clinique, de préférence.

Selon le docteur, je devais me reposer plus souvent et j’avais reçu un traitement pour calmer les contractions.

Je devais être suivi de près, mais l’on ne m’avait pas prévenu que j’avais une grossesse à risque. Du moins, je n’avais aucune information directement. Mon époux et lui en avait discuté dans son bureau.

Une fois en voiture sur le chemin de retour à la maison, mon époux nous relatait ce que le docteur lui avait conseillé. Ma belle soeur n’était pas d’accord que j’accouche à sa clinique pour la simple raison que dans le quartier, il n’y avait pas des restaurants. Mon époux quant à lui, disait que cela lui coûterait plus d’argent que dans un hôpital publique.

J’écoutais, sans vraiment donner mon avis. J’étais femme au foyer. Ayant obtenu mon diplôme de secrétariat, je n’avais pas encore trouvé d’emploi et donc, ne participais pas aux dépenses du foyer.

Une fois à la maison, je faisais plus attention à moi en m’allongeant le plus possible. Mon époux faisait un peu plus le ménage et la cuisine.

Je limitais les longues promenades à pieds. Après chaque effort physique, les contractions reprennaient.

J’ignorais que mon accouchement serait difficile. Pour moi, il fallait suivre les recommandation du docteur ; il était l’un des meilleurs de la ville.

 

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L’accouchement 

Puis vint le Jour…

Dans la nuit, les contractions reprenaient, et au petit matin, j’en avais de plus en plus intenses. J’aurais pu appeler un taxi, et aller en clinique… je l’ai regretté. Etant une femme soumise aux volontés de son époux, sa réaction m’effrayais. J’avais déjà été frappée, non pas pendant ma grossesse. J’avais donc demandé à un jeune du quartier d’aller prévenir ma soeur aînée qui m’avait élevé, elle habitait à 5 minutes à pieds de chez nous autour de 9 heures ou plus, Je n’ai pas l’heure exacte. Mon époux étant allé au travail très tôt. 

Au fait nous sommes cinq sœurs. Je suis la troisième de la fratrie.

Ma soeur m’emmena dans un taxi à l’hôpital que souhaitait mon époux…ce fut le début de la galère. Les hommes n’assistent pas leur épouse en salle d’accouchement. Ce sont les femmes de la famille, c’était ainsi du moins à mon époque. 

Mon autre sœur aînée et ma belle sœur nous avaient rejoint le soir à la tombée de la nuit. Comment elles avaient été informées ?  Il n’y avait pas de téléphone portable. Cependant, je me réjouissais de les voir. J’imaginais mes deux sœurs donnant son bain à bébé comme elles le faisaient mutuellement.

 Et donc, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je ne connaissais pas l’existence du monitoring car je n’en avais jamais bénéficié. Les sages femmes avaient une technique qui consistait à poser un petit appareil sur le ventre de la future maman et écoutaient à l’oreille.

On m’installa dans une grande salle avec des lits séparés par des rideaux où chaque future maman attendait la naissance de son bébé. Les futurs papas n’avaient pas accès à cette pièce. Ils voyaient leur épouses en chambre de repos avec le bébé. 

J’entendais des cris et des pleures. Je me disais : « c’est donc celà l’accouchement ? »

Installée à mon tour sur une table d’accouchement avec l’aide de ma soeur, je pleurais de douleur de contractions à mon tour. Pas de péridurale , l’accouchement se faisait naturellement et on pouvait attendre des heures.

Une sage femme vint me faire un toucher qui consiste à introduire quelques doigts dans le vagin afin de mesurer je pense le niveau de dilatation.

Je devais sortir marcher dans cet état pour que le bébé descende plus bas dans mon utérus…ce qui dura vingt quatre heures. Le lendemain, ma robe était mouillée, je suppose que j’avais perdu les eaux.

Aucun médecin ne se préocupait de mon cas. Je ne sentais plus bouger le bébé mais je ne me doutais de rien. Pour moi, mon bébé devait naître à un moment donné.

Je priais le Seigneur mon Dieu. Je suis chrétienne et la prière occupe une grande place dans mon coeur.

Je demandais à mon Dieu de me délivrer. Je ressentais l’envie d’uriner mais rien ne sortait.

A chaque fois, je descendais de la table d’accouchement et allais aux toilettes en prière. Au bout d’un moment, je demandais au Seigneur de faire de moi ce qu’il veut. Si ma vie devait s’arrêter là, et si c’était sa volonté alors, je l’acceptais.

Je retournais sur cette table, une sage femme obstétricienne  passait par là, m’entendant pleurer, vint m’assister tout en m’ordonnant de pousser.

Le peu de force qui me restait, je poussais avec des cris stridents. J’avais perdu la notion du temps et puis au bout d’un moment : « Ouf ! Le bébé sorti, une fille » me dit-elle d’un air triste.

On emmena ma fille rapidement en soins. Je ne la reverrai plus.

J’appris qu’elle était morte en couche. Elle décéda avant la naissance effective. Je criais en versant toutes les larmes de mon corps pour la voir. Rien.

Chez nous, la traditiion veut qu’on enterre le mort né sans la présence de la maman qui ne doit même pas voir son bébé.

Cette pratique est faite pour soit disant  éviter à la maman des souffrances. Ils ont tort, j’en ai beaucoup souffert de ne l’avoir pas vu cinq minutes.

Je garde l’image de son petit visage.

J’étais traumatisée à l’idée qu’on ai pu l’enterrer sans que je sache qu’elle n’était pas vivante.

Je demandais à la voir, tout le monde était triste, mais personne ne me disait la vérité. J’ai dû deviner avant d’avoir la confirmation.

J’étais effrondrée.

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De retour à la maison après quelques jours à l’hôpital, certaines personnes de ma belle famille me donnaient des conseils à savoir, masser mes seins avec une serviette imbibée d’eau tiède. Je pense qu’elles croyaient que  ça soulagerait mes douleurs.

J’avais déjà une montée de lait et aucun soutien gorge ne les soutenait, tellement ils étaient gros et douloureux puisque le bébé devait les têter.

Une fois que je les avais massé selon les indications, sans réfléchir, tout le monde voulait mon bien.  L’horreur ! car cette montée de lait grandissait de manière exponentielle. Je n’aurais jamais dû le faire.

Ma maman arriva du village deux jours après. Elle était furieuse, disait à qui pouvait l’entendre que c’était une erreur de m’avoir conseillé cette pratique.

En effet, cela n’est nécessaire que lorsque le bébé est nourri au sein. J’aurais dû y penser. Dans mon cas, ce n’était pas la peine.

Je ne pouvais pas aller consulter mon oncle médecin. Il était triste d’apprendre ce qui m’était arrivé, il n’avait jamais voulu venir me voir.

Mon mari acheta un médicament conseillé par un médecin gynécologue. En lisant la notice, entre autres, les effets secondaires étaient une stérélité d’au moins sept ans.  J’étais dans une impasse. Je devais être soulagée, ce médicament avait été efficace, heureusement.

J’étais entourée par ma famille et ma belle famille. J’étais triste et pleurais souvent. Tout le monde me disait, et je cite « L’eau du vase a coulé mais le vase est intact », autrement dit « Il ne faut pas pleurer, tu auras un autre bébé » cette phrase me mettait encore plus en colère. On ne peut pas remplacer un bébé. Justement, le moment était mal choisi pour me dire ces consolations. C’était pour mon bien mais je ressentais de l’amertume. J’en voulais à mon mari, à ma belle soeur et à moi-même.

J’aurais pu avoir ce bébé si j’avais écouté les conseils du docteur. 

Je demandais à voir où elle avait été enterrée. J’y allais souvent.

Ma prière me consolait car je parlais à mon Dieu en sanglot, à longueur de journée. 

J’avais de moments de colère. Je devais prier car j’avais la vie sauve. Je remerciais le Saint Esprit de m’avoir assisté dans ces moments de douleur. Ma prière et ma croyance en Dieu m’avaient délivré dans cet hôpital. J’étais très entourée par ma famille.

Mon époux et moi, n’avions jamais parlé du bébé, JAMAIS. On faisait chacun notre deuil à notre manière. 

Je ne tiendrai jamais ma fille Leïla dans mes bras.

Un déchirement.

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Ma vie sans ma fille, LEÏLA

 

Avant ma grossesse, jeune mariée, j’avais été en cours pendant une année scolaire et j’obtenais mon diplôme de secrétariat.

Suite à cet événement, je décidais de trouver un emploi. 

Par l’entremise d’une amie, j’étais recrutée en tant que remplaçante de l’assistante du service de comptabilité pendant 3 mois, partie pour des raisons de maternité. C’était dans une société de gérance des hôpitaux publics.

Le directeur des ressources humaines voyant mon travail, décida de m’initier à l’informatique et m’appris à utiliser les logiciels de traitement de texte et de tableurs.

A l’époque, on travaillait avec des machines à écrire. Mon papa m’avait payé une formation de neuf mois dans une école privée, sur l’accélération à l’utilisation de ces machines tous les samedi en journée : de la méthode aveugle, de la sténographie, de l’infographie. C’était très prisé et peu de jeunes avaient accès à cette formation ou ne la connaissaient pas.

J’avais obtenu mon diplôme à l’âge de 16 ans tout en continuant mes études. Cette formation m’aide encore aujourd’hui. Je n’ai pas besoin de regarder mon clavier lorsque je tape un texte. J’ai été toujours passionnée par les métiers de la bureautique.

Je pris goût à la liberté d’avoir mon salaire, mon argent. Après cet emploi, j’avais postulée dans un hypermarché où je travaillais en boulangerie. Je n’étais pas exigeante sur le métier.  Mon époux était pas d’accord à cause des horaires nocturnes : 23h lorsque je commençais à 13h.

Ce fut l’une des premières fois que j’allais à l’encontre de sa volonté. Ce travail était vital pour moi. Certains soirs, il venait me récupérer à la sortie. J’appréciais et le remerciais. Suite à cela, comme on dit chez nous, je pouvais prendre la parole à la maison décider en fait, participer aux dépenses.

Je me sentais utile, mon travail occupait mes pensées. Sans vouloir me jeter des fleurs, les clients me faisaient des compliments sur ma façon de me présenter, d’accueillir, de servir. J’étais valorisée. Je m’organisais tant bien que mal pour mes différentes responsabilités au domicile.

Mon époux ne me faisait jamais de compliment. Une gifle pouvait partir au détour d’une dispute et souvent il me menaçait de me chasser de  chez lui. Je m’étais confiée  à ma sœur aînée, la deuxième de la fratrie. On était assises toutes les deux sur le canapé chez moi. Avec son expérience, elle me conseilla de ne plus pleurer et de garder la tête haute et de lui répondre plutôt qu’il était venu me chercher auprès de mes parents, il avait fait le voyage jusqu’au village, j’attendrai qu’il me donne ce pour quoi il avait fait ce déplacement. Je trouvais l’idée géniale, je lui fit un gros câlin avec joie. 

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Cette parole me donna courage et assurance. Au fait, c’est lui qui m’avait demandé en mariage je pensais qu’il ne le répéterait plus. Fort de son caractère, il me répliqua : « Si je veux vraiment que tu partes, je ferai tout pour, même s’il faudrait que je te défigure ».

A l’époque, lorsqu’un homme battait son épouse, c’était un peu normal. On entendait une femme crier, c’était son tour.  Il me faisait souvent des critiques. D’ailleurs,voici une anecdote : on était invités à un mariage, des personnes faisaient des photos et moi également. A un moment donné, mon mari cria : « Assieds-toi comme ça, on t’a assez vu ! » Quelle humiliation ! Tous me regardaient avec pitié.

Je marchais « comme un canard », woua ! « Quelle est cette tâche sur le coin de ton visage ? » si seulement je l’avais vu. Je répondais que je ne portais pas un voile au moment de notre rencontre. Je pense qu’il m’aimait à sa façon.

En fait, lorsqu’on entend que du négatif sur notre physique, venant de celui qu’on aime, on fini par douter de soi. J’ai toujours pris soin de moi, je n’avais plus conscience de ma beauté, bien que des gens me le disaient. J’attendais cependant que cela vienne de mon mari, en vain. J’avais appris à vivre sans. En revanche en mon absence, il me valorisait devant ses amis, ventait mes atouts. Je le su au détour d’une conversation avec l’un d’entre eux.

Certains hommes africains, pas tous bien entendu, se disaient à l’époque qu’en faisant des compliments à leur épouse, elle prendrait la grosse tête. Quel dommage ! Mon époux était un homme charmant, charismatique, protecteur et parfois trop. Exigent et autoritaire par moment. 

En 1994, il parti pour le Canada ayant profité du départ volontaire qu’offrait son service à son travail pour immigrer en Amérique du Nord. Il avait eu un fils en 1985 et nous vivions ensemble quelques mois après notre mariage en 1988. J’avais accepté sa demande de l’élever. Nous étions entourés par la famille. L’organisation dans toute chose est importante. J’avais des responsabilités : étudier, m’occuper de son fils, gérer le ménage.

Mon contrat prit fin, pour cause licenciement économique (version officielle). Je me souviens que mon patron était un homme influent. Presque toute l’équipe l’évitait. Lorsqu’il entrait dans la boutique, il avait l’air sévère. J’entendais parler de lui par les anciens. Un soir, il passa par là et me dit d’un ton menaçant : « Toi, dans mon bureau ». Vous imaginez ? Mince ! Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? 

Je me rendis à son bureau un peu craintive. En me voyant, il souriait, m’ordonna de me retourner et me dit : « Vous êtes une belle femme vous savez ? ». Je le remercia simplement. Je trouvais cela louche et attendais qu’il me fasse des reproches concernant mon travail mais…surprise ! Il m’invita à sortir un de ces jours, il avait envie de moi. Stupéfaite, je lui répondis que jamais je ne le ferai, je me respecte, j’ai un mari. Et lui : « Je suis aussi marié, puis quoi ? »

Furieux, il m’ordonna de sortir de son bureau et me dit qu’il m’attendrait à ce sujet. De retour à mon poste, je gardais tout pour moi. J’en parlais à mon époux le soir et il me conseilla d’accepter afin de lui tendre un piège. Ce n’était pas mes valeurs. Je préférais prendre mes distances. Je n’étais plus sereine au travail que je voulais garder. Je pense que cette parenthèse accéléra mon licenciement. Je partais la tête haute, fière de ma décision.

Néanmoins je ne désespérais pas et je recherchais un autre emploi. Un après-midi, alors que j’étais couchée sur mon canapé à écouter la radio comme à l’habitude, vint la rubrique des annonces de postes à pourvoir. Je pris note d’une offre en particulier de secrétaire de direction pour une société d’architecture et de construction. Je bondi de mon canapé les coordonnées en main, j’appelais au numéro indiqué et obtint un rendez-vous dans l’heure qui suivait.

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Je dois dire que la chance était avec moi, Dieu était avec moi. A l’heure où j’étais entrée, un de nos anciens clients de la boulangerie sortait du bureau et me fit la remarque sur l’éventuelle fermeture de la boîte. On échangea à ce sujet car il voulait comprendre. Je lui répondis que c’était de la mauvaise gérance. Notre patron se pointait souvent en début de soirée et demandait la recette. C’était habituel.  Il me fit des compliments. Je pense que tout ceci aura été à mon avantage.

Je me présentais à l’entretien et décrochais le poste.

Je travaillais à nouveau. Un an et demi après le départ de mon époux, il obtenait ses papiers et le droit de faire venir sa famille.

Je réunissais donc les papiers qui serviraient pour notre départ et je le cachais à mon patron il pouvait me licencier. Après avoir obtenu le Visa, je lui annonçais  qu’on partirait. Je garde un très bon souvenir de mon passage dans cette société. J’aimais m’occuper de chaque dossier avec autant de détermination, relance des clients, regard aux signatures de contrats. Bref, la bureautique.

En 1996, je ne saurais dire quelle date exactement, on s’envola pour Montréal.

Mon indépendance financière était importante pour moi. Je recherchais donc un emploi deux semaines après notre arrivée. Aidée par l’un des amis de mon époux, je trouvais un job dans une usine de fabrication de linge de lit. C’était pénible physiquement pour moi mais je m’accrochais. J’avais fini par abandonner ce travail car en cherchant, j’en avais trouvé un autre pas près de notre domicile et plutôt calme. Une société de gestion de textiles. J’y travaillais et gérais tout le reste entre autres, mon besoin d’avoir un bébé.

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Mon fils, ma Joie !

 

Dans le désespoir et la résignation surgit…

 

7 ans plus tard, en 1997, on accueillais notre fils. La grâce divine nous faisait ce cadeau tant attendu.

Après deux inséminations artificielles sans résultat, une laparascopie, c’est une procédure qui consiste à inciser le bas du ventre d’une femme où on glisse un appareil afin de vérifier si ses trompes son bouchées.

Cette chirurgie ambulatoire était faite sous anesthésie générale. Après mon réveil, le docteur me révélait qu’ils avaient tous eu peur pour moi car, je ne me réveillais pas. J’aurais pu y rester. Mes trompes n’avaient aucun soucis, faux diagnostic.

En fait, je venais d’échapper une fois de plus à la mort. Jésus me sauva.

Alors, je prenais conscience de la chance qu’il m’offrait en me gardant en vie.

Après que la douleur post opératoire et la frayeur furent passées, je me confiais à mon Dieu, en lui disant que j’avais compris que je n’aurais plus d’enfant et que j’acceptais sa décision.

Je me souviens avoir appelé ma maman qui vivait sur un autre continent. J’étais en Amérique du Nord, à Montréal elle à Douala, (Cameroun).

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Je confiais donc à ma maman mon acceptation et le fait qu’elle n’aurait pas de petit fils/fille. J’ai quatre autres sœurs qui avaient, pour certaines, déjà eu des enfants dont je m’étais d’ailleurs déjà occupée. Je ne lui avais pas parlé de ma chirurgie afin de la préserver.

Notre deuxième insémination n’avait pas abouti et mon gynécologue ne souhaitait pas recommencer. Pour lui c’était sans espoir.

J’étais certaine que je n’aurai jamais d’enfant. Cependant, le Seigneur n’avait pas dit son dernier mot.

 

….Un Miracle de Dieu

 

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Chrétienne, j’ai la foi en Jésus Christ.

Je n’y pensais plus que rarement une fois mon fardeau remis dans les mains du Seigneur, j’étais tranquille et je vivais sans, j’avais enfin accepté ma situation.

Pendant le mois de février 1997, j’avais un retard. Je ne m’affolais pas car, il m’arrivait d’en avoir, de m’en réjouir et finalement avoir mes menstrues après quelques jours. J’attendais la matinée où je les aurais. Deux mois, trois mois passèrent.

J’achetais donc un test de grossesse en pharmacie. Il était positif. Une lueur d’espoir m’envahie.

Je me rendi en consultation pour une prise de sang, quelques jours plutard, ce qui s’avairait positif. J’attendais donc un bébé. J’étais joyeuse mais pas trop. J’avais eu tant de déceptions. J’en parlais à mon époux et tous deux étions joyeux mais pas trop, qui sait, le scénario que nous connaissions pouvait encore se produire.

J’acceptais que j’étais enceinte au quatrième mois lorsque le bébé bougeas pour la première fois.

Mon Dieu ! Je pense que tu essuies mes larmes et me dit, mon enfant, je suis avec toi. Bien que j’en ai jamais douté. Il me réveillait tous les matins, j’allais au travail, bref, j’étais en vie. C’était déjà un cadeau qu’il me faisait. J’étais reconnaissante.

Ce jour est l’un des plus beau de ma vie. Un petit être est bien en moi et grandi.

Je me souviens que j’étais à mon poste habituel où je travaillais dans une société de gestion de textile de restaurants, d’hôtels, d’uniforme de société.

Je me dirigeais aux toilettes comme je le faisais fréquemment. Juste avant d’entrer dans la pièce, je ressenti un mouvement dans mon ventre et je m’arrêtais de marcher, une seconde fois, je venais d’être certaine que j’étais enceinte. La joie ! la joie! Merci Seigneur Jésus, je me le répétais jusqu’à la fin de mon service.

Une fois rentrée à la maison, je me précipitais de raconter au papa.

Je continuais à travailler jusqu’à  mes 6 mois de grossesse, je devais m’arrêter jusqu’à mon accouchement.

Un mois après et donc à 7 mois, j’avais des contractions et le bébé poussait sur mon utérus. Le même scénario il y’a 7 ans.

Mon gynécologue, décida donc de me garder dans un hôpital où il exercait afin de suive l’évolution des évènements.  Il était au courant pour Leila. Je devais m’allonger à longueur de journée et ne sortais que pour des échographies et examens complémentaires.  On m’y emmenait sur une sivière.

C’était un Docteur formidable qui passait régulièrement me voir et me demander comment je me sentais, il me rassurait à chaque fois en me disant : ne vous inquiétez pas, tout ira bien, vous aurez votre bébé. Je faisais des prières très régulièrement.

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Le Grand Jour Arriva…

A 8 mois et demi, le docteur m’annonça qu’on déclencherait l’accouchement. 

Un certain 23 octobre vers 5h du matin, une infirmière vint introduire un produit dans mon vagin en m’expliquant que cela déclenchera les contractions.

Je ne saurai dire si elles apparurent quelques minutes ou une heure  plus tard. Je me souviens que j’avais des douleurs troublantes. J’avais si mal…

On me plaça le monitoring sur le ventre afin de surveiller le ryhme cardiaque du bébé. J’étais encore plus rassurée. Au fait, je n’avais pas vraiment peur que  l’histoire se répète. Vu la manière dont  le personnel et le Dr  s’occupaient de moi, et ma foi en Jésus, j’étais confiante.

Il m’arrivait de pleurer à cause de la douleur, mais je pensais que j’aurai enfin un bébé ce qui me consolait immédiatement. On me fit  une péridurale… Je ne ressentais plus aucune contraction la sage femme les surveillait sur l’écran du monitoring en revanche je ressentais une lourdeur dans les jambes.

 

La délivrance….

Tout à coup, on me demanda de pousser mais, comment faire ? Je poussais avec rage au mieux. En répétant : « j’arrive pas…. ».

À 15h48, naissait mon fils, notre fils enfin,  mon bébé… un fils !
Je ne remercierai jamais assez mon gynécologue. J’étais allée lui rendre une visite avec mon bébé afin de le lui présenter.

Loué soit Jésus Christ.

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Une fille, quel bonheur !

 

En septembre 1999

Mon fils et moi déménagions pour la France où son papa ingénieur en informatique travaillait depuis presque deux ans.

J’avais un emploi d’assistante de direction à Montréal dans une grande société internationale de gestion de textile d’hôtels, restaurants et d’uniformes de sociétés. C’était toujours avec plaisir que je retrouvais mon bureau, mon ordinateur et mes multiples dossiers, clients et fournisseurs, tous les matins.

Gérer les enfants devenait pénible. J’avais un adolescent : mon époux l’avait eu avant que nous nous connaissions. Nous l’avions élevé ensemble il n’avait pas 3 ans à l’époque où je l’avais accueilli. Il faisait sa crise d’adolescence, fréquentait un groupe de jeunes qui l’influencaient, il ne suivait plus assidument ses études. Nous l’avions donc envoyé en internat au pays 1 an après le départ de son papa en France.

Mon époux,  jaloux du fait que je ne répondais pas toujours au téléphone immédiatement lorsqu’il appelait, faisait des crises. 

J’en avais marre. Je décidais donc d’entreprendre les différentes formalités, de quitter mon emploi pour le rejoindre. 

Gérer le petit, sa nounou qui ne tolérait pas 5 minutes de retard, mon mari et ses humeurs…

J’avais choisi de démissionner de mon travail car mon directeur général me suggéra de me rétrograder. En fait, ma collègue, réceptionniste,  avait rapporté à mon directeur que je recevais des appels venant de l’ambassade de France à Montréal et c’est elle qui me les transférait à mon bureau. Il craignait peut-être que je démissionne de mon poste pour rejoindre mon mari. Il avait été dur dans sa proposition.

Alors que la situation était déjà tendue, la nounou de mon fils m’appela un dimanche dans la nuit pour m’informer qu’elle n’accueillerait pas mon fils lundi matin pour des raisons personnelles. Impossible de trouver un autre mode de garde alors, je simulais une grippe. Elle ne pouvait pas non plus toute la semaine…je manquais d’arguments. 

Entre la collègue et la nounou, je choisis de démissionner. Hors de question que je travaille au poste d’opératrice de machine où je travaillais avant de gravir les échelons. 

Ce poste m’avait été proposé suite à une visite de mon directeur dans l’usine avec des futurs clients. Ma façon de leur répondre l’avait surpris et donc, il me convoqua à son bureau deux jours plus tard afin de me demander mon niveau d’études et mes diplômes et il réalisa que j’étais qualifiée pour un poste d’assistante de direction…ce que j’ai toujours visé.

Pour moi, pas question que j’y retourne ; c’est ce qui accéléra ma démarche de partir à Paris.

Les démarches ? casses pieds.

Bien, j’avais réussi à obtenir l’autorisation de séjour et on déménagea.

Mon fils n’avait pas tout à fait 2 ans. 

 

En novembre 1999

J’avais des nausée matinales et vue l’absence des menstrues, j’achetais le test de grossesse sans vraiment y croire. 

Cela ne pouvait pas se produire si vite, si simple. Le test s’avéra positif.

Le bonheur, j’allais avoir un autre bébé  j’étais réservée. Je n’y croyais pas. Mon parcours était long avant d’avoir mon bout’chou.

Les semaines passaient, je n’avais pas de nausée, ni de montée salivaire. Mon ventre s’arrondissait. A 5 mois de grossesse je me rendis dans une clinique pour une échographie où on m’annonça que c’était une fille. 

Je sortis de là émue, serrant mon fils dans mes bras lui chuchutant qu’il serait grand frère, avant de le déposer dans sa poussette.

Comme on dit chez nous, un pied ne touchait pas l’autre (c’était une joie immense).

J’avais des envies de jus de carottes, de jus tomate et je lisais beaucoup de revues sur  la grossesse.

Je me sentais forte, en regardant mon fils et en me disant que j’allais avoir une fille. Une deuxième bénédiction de Jésus Christ, ma force, mon appui. Tout se déroulait bien, les jours se suivaient et ne se ressemblaient pas pour moi. Un jour à la fois, une petite victoire. Bébé grandissait.

Je me souviens avec amertume d’une question déconcertante que m’avait posé mon mari un soir et je cite : « Tu es sûr que c’est moi le père ? » Je lui répondis : « De qui veux tu qu’il soit ? Pourquoi cette question ? » J’étais désagréablement surprise. Depuis notre mariage en 1988, il était le seul homme dans ma vie. Je l’aimais mais un froid s’était installé entre nous. Je cherchais à comprendre les raisons du doute dans son esprit.

A 7 mois, je ressentais des contractions, durcissement du bas de mon ventre. J’étais inquiète. L’histoire allait-elle se répéter ? Une fille, des soucis ? Je n’étais plus à Montréal mais à Paris.

Je prenais donc un rendez-vous avec mon gynécologue qui me prescrit un médicament pour contrôler ou stopper la douleur. Elle me recommanda de moins marcher et rester allongée le plus possible. Mon canapé confortable devenait donc mon lieu de couchage en journée. 

C’est mon mari qui faisait la plupart des travaux à la maison. Il cuisinait et faisait le ménage très souvent.

Mon fils pouvait m’apporter un verre d’eau, du jus de carotte ou de tomate du haut de ses deux ans. J’avais intérêt à suivre la consigne. Je ne souhaitais pas séjourner des semaines à l’hôpital comme à celui de Montréal. Je marchais très très lentement. Je ne sortais presque pas de la résidence. J’emmenais mon fils à l’extérieur jouer avec des petits voisins lorsqu’il faisait beau. Ce moment de l’après-midi, un rendez-vous entre nous deux.

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Dans la nuit du 22 juin 2000

j’avais eu des contraction assez fortes. J’étais à 9 mois de grossesse et donc je me doutais que ce serait peut-être LE JOUR.

J’informais alors mon époux  de mes contractions qu’il  avait sans doute remarqué. Je n’étais pas calme…loin de là et pleurais par épisode de douleurs. Au petit matin, le 23 juin,  il partit travailler. Autour de 9h,  je pris la décision d’aller à l’hôpital de la commune voisine et déposa notre fils chez une voisine, assistante maternelle agréée. Elle est d’ailleurs devenue une grande amie. 

Mon sac à l’épaule, je marchais jusqu’au RER tout en m’arrêtant à chaque grosse contraction, une piètre mine. Je pris le train, ensuite en gare d’arrivée, une longue marche encore petit pas par petit pas  jusqu’à l’hôpital.

Une fois arrivée, une infirmière m’examina, le col était ouvert,  j’allais accoucher. Je sortis donc pour appeler mon mari. 

Lorsqu’il arriva avec notre fils, j’étais déjà installée en salle d’accouchement. J’en déduisais que son doute persistait car il aurait pu me conduire à l’hôpital au regard de ma nuit.

La sage femme qui s’occupait de moi me conseilla d’accepter une péridurale. J’étais épuisée et manquais de force. Mon mari craignait une deuxième péridurale car j’en avais eu lors de la naissance de notre fils. Vue les douleurs des heures durant, je n’attendais que cette proposition.  Elle ne comprenait par pour quelles raisons le bébé ne descendait pas plus bas. Pour elle, on m’emmènerait faire une césarienne. Elle terminait son service dans quelques minutes et souhaitait m’accoucher avant son départ.

Alors, je priais encore  en demandant au Christ de m’ôter la vie, mais de laisser vivre ce bébé et de donner la force nécessaire à leur papa pour les élever. J’étais prête, que sa volonté se fasse.

Je pris la décision d’accepter la péridurale. Un anesthésiste arriva, quelques minutes plus tard, plus de douleur ni de cri, simplement de la lourdeur dans mes jambes. Le seul bruit du monitoring se faisait entendre. Les battements du coeur de bébé étaient de moins en moins fréquents.

On me changea rapidement de chambre pour le bloc opératoire. J’étais sereine, seul Jésus savait quelle décision il me réservait. Dernier examen avant le départ, tout se passait très vite. La sage femme aperçu la tête du bébé, et criait : »ça y est il arrive ! », ce bébé. 

Cette femme resta après ses horaires pour moi. Je lui rends hommage. Tout le personnel avait été formidable.

On me fit une épisiotomie (acte chirurgical consistant à ouvrir le périnée au moment de l’accouchement afin de laisser passer l’enfant). Au moment de pousser, je n’avais plus de force. La sage femme m’encourageait : « Allez-y pour votre fille ! » MA FILLE !

 

La délivrance …..

 

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20h20, ma fille voyait le jour. Un cri, enfin…j’arrivais quand même avec très peu de souffle à pleurer de joie. OUI de joie !

La sage femme vint me confier que le bébé avait le cordon ombilical autour du cou, probablement ce qui l’empêchait de faire son petit chemin.

Après que  bébé soit nettoyé, une infirmière la donna à son papa qui la regarda dans tous les sens en la fixant des yeux, je pense pour voir la ressemblance, enfin, je suppose au regard de ses soupçons. Il déposa ensuite ma fille entre mes bras alors que j’étais encore sur le lit d’accouchement, en attendant que le placenta se détache. Je n’avais pas de force pour la soutenir, je le suppliais de la reprendre à plusieurs fois car j’étais pas capable de la tenir. Mon mari ne l’entendait pas. Je me débattais afin qu’elle ne tombe pas. 

Par la grâce du Grand Dieu, le Tout Puissant, une infirmière entra dans la chambre, et récupéra le bébé de justesse.

Peut-être que mon époux pensait que j’étais arrivée en France avec une grossesse.

On n’en avait plus jamais parlé. Pour moi, ce n’était pas utile de lui poser des questions. Je me concentrais sur les enfants, ces cadeaux du ciel, ma raison de vivre. Je constatais ses manquement mais confiais tout au Christ. Il nous connaît tous et chacun même nos plus profonds secrets. Il est le seul juge divin.

Deux jours plus tard, on sortait de  l’hôpital. Ce fut le début d’une nouvelle vie. La chambre de bébé était prête, son grand-frère bienveillant.

Un joli bouquet de fleurs m’attendait dans le salon, le deuxième que mon époux m’offrait. Le premier c’était après l’arrivée de notre fils.

Ma petite sœur, la quatrième de la fratrie nous rendu visite avec sa fille. Ce fut une merveilleuse semaine. J’avais l’impression d’avoir toutes mes sœurs et ma maman à la maison. Elle faisait la cuisine durant leur séjour. De bons moments de promenade, de complicité. Jamais, je ne lui avais parlé de mon long parcours.

L’important était de savourer le présent. 

Mes autres sœurs, ma maman et moi, communiquions par téléphone à l’occasion.

Il fallait acheter une carte téléphonique, et aller dans une cabine réservée à cet effet ou alors appeler à partir de la ligne fixe du domicile en se servant du code de la carte.

Cela avait un coût alors il fallait être brève.

Plus j’écris mon histoire, mieux je me rends compte que nous nous discutions des choses essentielles comme la santé, le quotidien de mes nièces et neveux, de notre maman.

Louange à toi SEIGNEUR JÉSUS.

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Ma vie de maman

 

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On se réorganisa à la maison et la vie suivait sont cours. Il y eu des rhumes, otites fièvre bronchites etc…, comme chez tous les bébés, nous faisions face.

Mon fils aîné, celui que mon époux avait eu avant notre mariage, était toujours en internat au pays.

Le 23/05/2001, nous apprenions le décès de mon papa qui était malade depuis quelques années. J’étais très triste et pleurais à chaudes larmes. J’aurais bien aimé qu’il voit nos enfants. Il était toujours adorable avec ses petits fils/filles et l’un de mes rêves était qu’il porte mes enfants et leur donne à manger comme je le voyais faire avec ceux de mes aîné(es).

Certes, il était très malade, je me figurais ce scénario en tête. Hélas !

Je devais partir au pays quelques jours plus tard. On organisa notre départ les enfants et moi. Le corps de mon papa avait été inhumé le jour même de son décès. C’était sa dernière volonté et je le su au village. 

Arrivée dans la maison familiale,  je me sentais vidée, j’étais incapable de retenir mes larmes. Seuls le regard pétrifié de mes  enfants me calmait par épisode. A chaque fois que j’apercevais ma maman, j’avais du chagrin, mes larmes coulaient. 

Nous étions entourés par mes deux  soeurs aînées ma grande famille, (mon papa était polygame, il avait quatre épouses) et quelques membres de ma belle famille. Ils étaient tous bienveillants envers nous. 

Après le deuil, les enfants et moi allions à la rencontre de mon fils aîné qui était en visite chez son grand cousin. On était tous heureux de nous voir. Je lui annonçais que nous repartirions ensemble en France. 

De retour à Paris, la famille était au complet.

Notre fils aîné intégra le lycée, son petit frère l’école maternelle. La petite dernière fit son entrée en maternelle en septembre 2003. J’étais maman au foyer. Je n’avais pas encore le droit de travailler en France. On avait entamé les démarches.

Mon époux ressentait une gène au niveau de sa poitrine, et une constipation chronique. Le médecin de famille l’examina, lui fit une prescription de médicaments pour le soulager. Son état ne s’améliorait pas. Des jours passaient, il se plaignait de plus en plus de sa poitrine. En dépit des examens que le Dr lui demandait de faire, à aucun moment il détecta selon les résultats une quelconque maladie disait-il.

Il était ingénieur informaticien, dans une société de Gestion de système informatique et télécom.

Entre temps, j’avais obtenu cette autorisation et travaillais comme assistante commerciale.

Ayant parlé à ses collègues, ils lui conseillèrent de consulter un autre médecin qui lui fit faire d’autres analyses de sang. Le verdict tomba, il souffrait en effet d’un cancer du foi assez avancé. On avait perdu du temps à lui donner des cartons de médicaments. Si seulement on avait su plus tôt. C’était comme si le ciel nous tombait sur la tête. Dur dur …

J’en voulais de suite à notre médecin de famille à qui j’avais fait savoir mon sentiment. Comment n’avait-il pas vu dans tous ces résultats d’analyses le moindre signe ?

Une période de lamentation, de crainte, de pleures, de tristesse. Je priais tous les jours afin que son traitement le guérisse.

Il fut opéré dans l’un des grands hôpitaux de Paris avec succès. Il reprenait goût à la vie, nous étions heureux que tout ceci soit derrière nous. Il avait repris du poids, une bonne mine, le travail.

Malheureusement, début 2004, son cancer récidiva et se généralisa. Hospitalisé dans l’un des meilleurs hôpitaux spécialisés dans le traitement de cette pathologie, il était bien suivi.  Je partais au bureau le matin, travaillais sur quelques dossiers et me rendais ensuite à l’hôpital.

Je priais,  pleurais tout le temps que ce soit dans les transports, en chemin, j’arrivais pas à m’arrêter. Je demandais une messe de prière dans mon église. La famille et les amis lui rendaient visite. Mes soeurs  ont été d’un grand soutien moral pour moi. Présentes pourtant si éloignées. Mes petites soeurs m’appelaient plusieurs fois par jour tous les jours ce qui me faisait sentir leur présence.

La quatrième de la fratrie me téléphonait  tous les deux à trois heures, du matin jusqu’au coucher. Sans le réaliser, elles contribuaient toutes à mon équilibre mental et physique. Mon neveu également le premier petit fils de maman, je m’en étais occupée dès sa naissance. C’est grand ce qu’un coup de fil venant de ceux qu’on aime peut faire au moral dans ces moments de fragilité.  Je leur rend hommage. Merci à toi, à vous toutes que Christ vous garde. 

Ma maman, Oh ! maman Tonta mon modèle, pilier de la famille, si tu n’avais pas été là, je ne serai pas non plus à  écrire. Que Yahwé veille sur toi au nom de Jésus.

Nos amis, notre pasteur, de la famille( mes beaux neveux, mon beau frère, mes belles cousines) lui rendaient visite régulièrement. Mon Directeur ayant été voir mon  époux sur son lit d’hôpital,  me donna la liberté d’y aller à chaque fois que je devais ou que je ressentais le besoin. Ce grand Homme au grand coeur soyez béni.

La responsable du service commercial était très compréhensive, Certaines collègues également.

Je devais gérer les enfants. Je déposais mon fils chez une voisine et amie qui avait ses enfants dans la même école primaire que le mien le matin vers 7 heures ensuite j’emmenais ma fille à la garderie de l’école maternelle pour 7 h 30. Je courrais attraper mon bus, puis les trains. Je devais arriver au bureau entre 8 h 30 et 9 h et finissait à 17 h.

La course pareil le soir. Ma fille après l’école attendait en garderie elle me fit remarquer un soir qu’elle était tout le temps la dernière à partir. Ce qui évidemment me donnait du chagrin. Si seulement elle pouvait comprendre. Comment expliquer cela à son enfant de 3 ans ?

Je confiais l’état de santé de mon époux au Seigneur dans mes prières parfois en sanglot. Je ne m’autorisais pas à prendre un vrai repas. Je me souviens un samedi alors que j’apportais un repas qu’il avait envie de manger, il me regarda fixement et me dis :  » tu sais, tu traverses des villes avant d’arriver à l’hôpital. Je veux que tu soignes ton apparence lorsque tu viens ». Je l’écoutais sans rien dire pour moi, ce n’était pas une de mes préoccupations. J’étais en permanence dans ma bulle de chagrin et de pensées, quand est-ce qu’il guérirait. A compter de ce jour, je prenais un peu soin de moi avant d’aller le voir. 

Deux médecins me convoquèrent un soir dans leur bureau pour me prévenir qu’il n’avait plus pour longtemps à vivre et je me souviens encore leur répondant qu’ils n’étaient pas le bon Dieu, il était le seul à décider.

Je sortais de là déprimée. Je cachais ce verdict à mon époux. Il n’en avait pas besoin. Peut-être le soupçonnait-il ? Il souffrait tellement cet homme fort, généreux, sportif plein de vigueur, amaigris. La maladie le rongeait. Le voir ainsi était une épreuve pour moi à chaque fois mais j’avais la foi et la conviction qu’un miracle se produirait.

Au fil des mois, en voyant sa souffrance, j’implorais le Seigneur Jésus de faire quelque chose pour lui. Il était le seul à savoir l’issue de sa maladie. J’appelais la famille au pays, la mienne et celle de mon époux, elles me soutenaient comme elles pouvaient.

Mon époux décéda le 1er juin 2004.

Ce matin là, j’étais arrivée au bureau pendant que je travaillais, je reçu un appel du secrétariat de l’hôpital. La première fois qu’il m’appelait. Au fait c’était pour me prévenir que mon époux n’avait plus pour longtemps  à vivre 2 h ou 30 minutes. En larmes, je me précipitais à l’annoncer à la responsable du service commercial qui décida de m’accompagner une autre collègue également.

Une fois dans sa chambre, je le regardais, lui parlant. Il ne réagissait pas jusqu’à ce qu’il rende son dernier soupir. Je ne saurai jamais s’il avait été conscient de ma présence. Un sentiment de colère de chagrin de peur tout s’emballait en moi. J’éclatais en sanglot, mes collègues me tenaient lorsqu’un  homme en blouse blanche vînt m’ordonner de débarrasser ses affaires. Cette phrase m’avait horrifiée. Ce que je fis avec l’aide de Myriam et Françoise. 

J’informais donc quelques membres de nos deux  familles, des ami(es) proches par téléphone.

Françoise me déposa à mon domicile, elle récupéra les clés de la voiture de service de mon défunt époux.

J’attendais que les enfants soient tous réunis et leur annonçais . Mon fils aîné n’aimait pas aller à l’hôpital cela l’effrayait. C’est difficile pour un jeune de voir son papa si fort et sportif dépérir.

Le choc. On pleura ensemble et ça me faisait de la peine de le voir dans cet état. Les petits ne réalisaient pas vraiment. Je pense qu’ils pleuraient parce que nous le faisions.

Le soir, ma cousine, ma belle cousine et quelques ami(es) étaient venues nous assister. Je devais organiser le rapatriement du corps au Cameroun, un tas de papiers à faire. Il fallait tout gérer. Mon fils aîné et moi, avions fait le voyage pour l’inhumation. J’avais confié les deux petits à ma petite soeur qui vit à Zürich. De la famille nous avait rejoint. On retourna à Paris après deux semaines au pays.

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Veuve, chef de famille

 

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Une nouvelle organisation. J’ avais pas le temps de pleurer sur mon sort, les enfants comptaient sur moi seule désormais. Ma famille et mes amis me soutenaient moralement. Jésus était mon roc. Je m’appuyais sur lui et savais que je serai guidée par sa main forte. Le pasteur et des membres de notre église me soutenaient. Je leur dis Merci.

Quelques membres de ma belle famille m’en voulaient. Je ne m’étais pas assez occupé de leur frère, fils. Pourquoi lui pas moi ? Je n’avais pas besoin de cela alors, je fis une dépression. Une amie infirmière me conseilla et me donna des médicaments pour m’aider à dormir.  Je l’avais pris pendant un ou deux mois. Je sentais que je dépendais de ces comprimés alors, je fis une prière et décida de ne plus en prendre du jour au lendemain. 

Peu à peu, je m’éloignais des personnes qui m’oppressaient. Mon fils aîné décida de retourner à Montréal où il avait quelques amis. A  l’âge de 18 ans, je ne réussis pas à le retenir. Il avait pour condition de passer son bac cette année ensuite, il pouvais partir.

Il n’avait pas eu son bac mais avait réussi à me faire croire que si. Mes enquêtes après son départ me démontraient qu’il n’avait pas été reçu à son examen. Je comprenais qu’il aie eu cette envie de s’éloigner peut-être sa façon à lui de faire son deuil. On n’en avait jamais parlé tous les deux en tête à tête.

Je me retrouvais donc avec les deux petits. C’était pas évident. Une organisation de chef se mit en place. Je continuais d’aller au travail en suivant la même organisation que lorsque mon époux était encore à l’hôpital.

Un vendredi soir, en récupérant ma fille tard, la dernière comme presque tous les soirs, elle me posa une question poignante : Maman, j’ai pensé que tu ne viendras pas est-ce-que tu nous laisseras comme papa ? Cette phrase allait bouleverser ma vie professionnelle. Alors, je cherchais des idées afin de changer de travail et d’être plus présente à la sortie des classes.

J’étais de moins en moins concentrée au bureau, faisant des d’erreurs. Je partais avant l’heure afin de récupérer ma fille. Mon Directeur le remarqua et mit fin à mon contrat.

Un coup dur pour moi. J’avais besoin de ce travail afin de renouveler mon titre de séjour arrivé  presque à terme. Quelques larmes, presque accrochée à mon poste. Je m’en allais ce soir là, sans savoir ce que je ferai. Sans emploi, pas de renouvellement du titre de séjour.  A mon dernier jour de travail, mes collègues m’offraient un joli collier, une écharpe que je possède encore à ce jour. Merci à tous.

Une amie rencontrée au temple le dimanche matin depuis au moins deux ans, me proposa de lui donner mon CV,  il y aurait des postes à pourvoir, l’aide aux personnes âgées à la Croix Rouge Française de la commune voisine. Elle y était assistante au service administratif et aucun poste n’était vacant.

J’acceptais,  on me convoqua pour un entretien et j’obtins le poste. J’avais la liberté d’organiser mes horaires. Bingo ! 

Je pouvais désormais déposer mes deux petits à leur école respectifs et les récupérer à la sortie des classes. Merci mon Dieu. 

Mon amie à qui j’avais confié mon fils pour aller à la maternité était assistante maternelle agréée. Elle me parlais souvent de son métier et m’encourageais à constituer mon dossier peut-être que ça aboutirait. Je gardais son conseil dans un coin de ma tête je continuais à travailler pour la Croix Rouge.

J’apprenais à connaître nos aîné(es) leurs besoins, leurs difficultés, leur joie. J’en ai appris à leur côté. Ils appréciaient  ma façon d’être avec eux, ma joie de vivre. Certains m’invitaient chez eux avec mes enfants. Je  rendais visite en dehors de mes heures de travail à certaines lorsqu’elles me le demandaient. On avait lié une amitié sincère.

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Après une année, de décidais de contacter la PMI afin de remplir un dossier d’assistante maternelle agréée, s’en suivait les visites de la puéricultrice, l’appartement devait être aux normes de sécurité et d’hygiène. Je devais suivre une formation de 60 h. 

En juillet 2006, j’obtenais l’agrément pour 3 enfants avec restriction d’âge. Au mois de septembre de la même année, mon premier entretien avec une maman et son bébé de quatre mois. J’étais nouvelle, elle n’avait pas confiance. Ce que je comprenais.

Elle me recontacta un mois plus tard, ça se passait pas bien avec celle qu’elle avait choisi. Ce fut mon premier contrat que j’avais pris soin de préparer après avoir lu la convention collective des assistantes maternelles agréées,  écoutant les anciennes du métier et la responsable du Relais Assistantes Maternelles. J’ajoutais mes clauses particulières.

J’organisais l’heure d’accueil le matin les parents choisissaient 8 h ou 8 h 40, 9 h selon que je dépose mes enfants à leur école.  Dès que tous arrivaient, différents jeux d’éveil, entre 11 h et 12 h repas puis sieste. On avait un thème presque tous les jours et ça continue.

Après la sieste des bout’choux, leur goûter. On sortait nous promener et découverte, soit au parc, à la bibliothèque, soit en bord de seine ou dans la résidence.  Parfois  jeux libre à la maison ensuite, on allait attendre mes enfants à la sortie de l’école pour 16 h 20 tous on rentrait à la maison. 

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A ce jour, 12 ans plus tard, je suis toujours assistante maternelle agréée, j’aime mon métier, les accueillir tous les matins, les aider à évoluer est un bonheur et mes loulous me le rendent bien. Les parents sont satisfaits par mon professionnalisme. 

J’ai accueilli près d’une trentaine de bébés. Il y a ceux qui restent 3 ans et rentrent en école maternelle, ceux qui déménagent avec leurs parents et donc fin du contrat, d’autres obtiennent une place en crèche municipale après quelques mois d’accueil à mon domicile, ceux donc les parents perdent leur emploi.

Des situations différentes. Je suis en contact avec certains, les parents m’envoient leur photo de vacances, on se retrouve pour un déjeuner. On se croise dans la rue, bisous câlins. Ils m’appellent tous Tata Yvonne, je préfère et les parents ne se sont jamais opposés jusqu’ici.

Mes enfants grandissent, Jésus est la lumière sur leur chemin. C’est ma prière tous les jours, qu’il me permette de me lever de mon lit. Je prie pour chaque personne qui a croisé mon chemin, qui m’a aidé ou non à sa manière.

Mes enfants, par la grâce du Tout Puissant, ont grandi sont obéissants c’est une bénédiction. Ils avaient été baptisés, je les ai élevé dans la spiritualité en leur parlant de Jésus Christ, de ma foi en lui. Je leur racontais des situations difficiles où j’étais sauvé par le Saint Esprit. J’espère qu’ils suivront le chemin du Christ.  C’est mon souhait. Mon fils aîné a un fils et vit toujours à  Montréal.

 

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire une partie de mon Histoire.

Que Dieu veille sur chacun de vous !     Amen !

A très bientôt

Yvonne

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