La phrase qui m’a sauvé des viols

Des viols se font souvent en milieu familial ou par des personnes que l’on connait en qui on a confiance. Après plus de 30 ans, je peux enfin en parler.

J’ai pensé que partager cette phrase qui m’a sauvé plusieurs fois des tentatives de viol, pourraient inspirer certaines personnes du moins c’est mon souhait.

Le premier incident :

Dans mon quartier, deux hommes s’étaient installés, des frères.  Ils étaient gentils, plaisantaient avec les jeunes, respectueux, et appréciés de tous moi y compris. Au fil des années,  le petit frère se mit à sortir avec une de mes voisines. J’avais 14 ans environ et le considérait comme un grand frère. Il paraissait sérieux et je lui faisais confiance. Un jour, il m’invita chez lui, vendeur de prêt à porter dans leur boutique en ville, il m’avait fait comprendre qu’il apprécierait que je voies ses nouveaux articles. Je m’y rendis sans aucune crainte.

Une fois la porte franchie après salutations et regards de braises, il me serra fort en tremblant, et essaya de m’embrasser bloquant mes pieds. J’étais terriblement sous le choc. Je me débattais hurlant: » lâche moi! »et je sentais que je manquais de force.

Une phrase s’échappa de ma bouche: « JE RACONTERAI TOUT A ODILE » (ma voisine, sa copine). Il me lâcha et arbora un air coupable en s’excusant. Il ne savait pas ce qui lui arrivait et Bla bla bla. Je venais d’échapper au loup devenu agneau. Je sortis de là en courant à grands pas. Je me souviens que j’avais très peur une fois chez nous. Je refusais de sortir sans vraiment expliquer à ma soeur les raisons.  Je ne lui adressa plus jamais la parole, je l’ignorais et n’en avait pas parlé à Odile, ni à qui que ce soit. Je pense qu’elle ne m’aurait pas cru.

Nous n’avions pas de bonnes relations. Elle avait deux ou trois ans de plus que moi selon mes souvenirs. On se disait à peine bonjour . En revanche, sa soeur jumelle et moi, étions amies. Je n’avais pas réellement réfléchi au sujet de cette phrase qui fut libératrice.

Deuxième  incident :

Mon beau-frère et ma grande soeur chez qui j’habitais depuis que j’avais environ 8 ans, se  faisaient construire une nouvelle maison dans un nouveau quartier chic. Ils pensaient que les finitions se feraient avant la rentrée scolaire de cette année-là. Le temps passa, les travaux s’éternisaient or, ils m’avaient recommandé de faire nos inscriptions, mon neveu 10 ans et moi 18 ans, dans le lycée et école des environs.

Comme solution, ils demandèrent à une connaissance de mon beau-frère marié, père de trois enfants de nous accueillir quelques mois en attendant les finitions. Tout se passait bien, ils étaient gentils, nous participions aux tâches ménagères, Ma soeur et mon beau-frère approvisionnaient  toutes les semaines le nécessaire pour l’alimentation  : Sacs de riz, pommes de terre, pâtes, huile d’arachide et j’en passe.

Les mois passèrent, la maîtresse de maison fit un voyage de 3 jours et cette nuit là, ce monsieur, se jeta sur moi dans la chambre où nous dormions moi dans un lit, mon neveu 10 ans et son fils 6 ans dans des lits superposés. J’évitais de crier de peur de les réveiller. Mon neveu était  très protecteur envers moi. Consciente de ce qu’il voulait me faire subir. Je me débattais chuchotant lâche moi. Il bloquait mes membres.

Il transpirait, avait une odeur de cigarette et d’alcool comparable à du poisson pourri, l’horreur. Fatiguée de me défendre, la peur qu’il y arrive, la phrase s’échappa: « JE RACONTERAI TOUT A MAMAN. » En effet, nous les appelions « maman » et « papa » bien que je ne les connaissait pas du tout. Dans ma culture par respect, on appelle régulièrement les aîné(es) « Tata », « Tonton », « papa » ou « maman ». Il s’arrêta, puis s’excusa, tremblant. Je ne réussi plus à m’endormir jusqu’au matin.

Il n’y avait pas de verrou sur la porte. Au petit matin, je n’avais pas du tout envie de sortir de la chambre. Je ne m’alimentais pas et me demandais s’il recommencerait la nuit prochaine. Je pleurais mais ne pouvais pas en parler à ma soeur. Ils n’auraient pas d’autre solution pour nous. Cet homme craintif, s’assurait que je ne le raconte à son épouse.

Il me demandait toutes les heures si j’avais envie de manger. Bien sûr, je ne  répondais point. J’avais du mal à regarder vers sa direction, pas question que je le fixe.  Je n’avais jamais évoqué le sujet avec qui que ce soit. Toutes les nuits, j’enfilais shorts et pantalons et ne dormais pas vraiment.

J’accrochais un gobelet en matière plastique sur la poignée de la porte avant de me coucher au cas où il essayais d’entrer en douce, ça me réveillerait. Cette maman revint de son voyage au bout de 3 jours. Il n’avait jamais recommencé. J’étais en permanence dans la crainte.

Troisième incident :

La petite soeur de ce monsieur, avait eu un bébé, elle était venue vivre à la maison. Nous l’appelions « Tata ». Un homme venait régulièrement et passait du temps avec elle. Je pense qu’ils sortaient ensemble de part leur conversation. De temps en temps, je l’entendais parler de sa fiancée.

Un samedi après-midi, cet homme arriva à la maison, conversa avec Tata ensuite elle m’appela, m’ordonna d’aller avec lui récupérer un paquet qu’il avait oublié à son domicile. Il m’emmena sur sa moto je ne souhaitais pas entrer chez lui, j’avais déjà été échaudée. Il me rassura et je cite » il y a des voleurs dans le quartier, il faut que je ferme la porte ils sont dangereux » je lui répondis qu’il me donne le paquet mais il insista, « le paquet se trouve dans ma chambre, le temps d’aller le chercher, je ne voudrai pas te laisser seule dehors ». Ayant franchie la porte, il la referma et la verrouilla. Intérieurement je m’exclama: » Mince ! que se passe-t-il ? »

J’étais prise qu piège. Il agrippa mon poignet en serrant fort, et me traîna jusqu’à sa chambre. Je me débattais, mais lui me disait, « laisse toi faire, tu es très jolie, je rêve de ce moment depuis le premier jour où je t’ai vu. » Je m’interrogeais : « Mon Dieu, comment je m’en sortirai ! » A aucun moment je ne n’avais pensé à la PHRASE ! Non, je me concentrais sur mes forces sans y réfléchir puis soudain elle sorti « JE RACONTERAI TOUT A TATA » sans y croire mais une fois de plus elle me délivra.

Il s’excusa, « ne dis rien s’il te plaît. Je te raccompagne ». Finalement, il ne me donna aucun paquet. Arrivée à la maison, je couru tout droit dans ma chambre pleurer. Pourquoi cet acharnement ? Tata savait-elle qui il était ? le connaissait-elle vraiment ? Curieusement, elle ne me réclama jamais ce fameux paquet. Je gardais encore ce fardeau pour moi. J’étais sauvé par le Saint-Esprit, c’est ce qui comptait.

Merci mon Dieu, je n’avais jamais été abusée. Le réflexe de dire cette petite phrase me délivra plusieurs fois d’un crime inqualifiable. Je ne me rendais pas compte de sa puissance. Mes souvenirs parcourant ma mémoire, je mis toutes ces histoires bout à bout et à chaque fois, cette phrase anéantissait les intentions de mes prédateurs.

J’espère que mon expérience aidera quelqu’un.

 

Que Dieu vous protège

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6 commentaires sur “La phrase qui m’a sauvé des viols

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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